Bienvenue dans cette section du site consacrée aux films et documentaires nordiques. 10 critiques sur cette page ; pour continuer...
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* Un authentique nanar danois :
Reptilicus, un film de Poul Bang et Sid Pink, Danemark, 1961.
"Quelque part dans les montagnes hostiles de la Laponie, bien au-delà du cercle arctique, un groupe d'ingénieurs des mines cherchait du cuivre.
Mais c'est une histoire qu'il déterra, une histoire qui allait terroriser le monde entier." Voila qui donne l'eau à la bouche... Vite, allez lire la suite !
* Un drame danois :
Brodre, un film de Susanne Bier, Danemark, 2004.
Titre français : Brothers.
L'histoire : deux frères. Jannik, vaguement délinquant, renié par ses parents ; Michael, militaire de carrière, marié, père de famille, fils modèle. Les deux hommes ont des relations tendues. Michael est envoyé en Afghanistan avec le contingent danois. Son hélicoptère est abattu.
Il est fait prisonnier, mais les autorités le croient mort ; au Danemark, l'armée organise ses funérailles.
Peu à peu Sarah (Connie Nielsen), l'épouse de Michael, et Jannik se rapprochent. Mais Michael revient d'Afghanistan, traumatisé.
Mon avis : ce film dure 1h52. C'est long, quand il ne se passe rien. En effet, une fois les personnages posés, tout est relativement téléphoné. Il ne se passe pas grand chose pendant les trois premiers quarts d'heures du film. Ensuite, Michael revient chez lui. Mais le film ne décolle pas pour autant. Bref, pour moi, un film très long et ennuyeux (mais quand on s'ennuie, tout paraît plus long, forcément).
Je dois cependant indiquer (pour l'objectivité), que ce film a reçu plusieurs récompenses : Prix du Public du festival de Sundance 2005, Prix d'interprétation au Festival de San Sebastian 2004 pour les acteurs
Connie Nielsen et Ulrich Thomsen.
* Un petit thriller suédois, pour changer :
Sleepwalker, un film de Johannes Runeborg, Suède, 2000.
L'histoire : tout se passe pour le mieux dans la vie de Ulrick Hansson, architecte, la cinquantaine, marié, deux enfants. Toute la petite famille s'apprête à emménager dans une grande maison toute neuve au bord d'un étang. Mais une nuit, Ulrick est victime d'un malaise. Le matin suivant, il se réveille, seul : toute sa famille a disparu..., et son lit est couvert de sang. Se sachant sujet au somnanbulisme, Ulrick (qui ne se souvient de rien) cherche à savoir ce qu'il fait (et où il va) la nuit ; pour cela il se fixe une caméra à l'épaule avant de s'endormir. Alors que lui-même ignore s'il est innocent ou coupable, l'enquête policière se resserre autour de lui...
Mais les choses ne sont pas aussi simples, et le film offre quelques retournements de situation qui embrouillent un peu plus le spectateur, jusqu'à la révélation finale (dans les dernières secondes du film).
Mon avis : le film commence très très mal : qualité d'image niveau téléfilm cheap, vie de famille scandinave moyenne la plus plate possible (on a l'impression de voir un film de vacances). Heureusement, les choses tournent mal, et l'on se met alors à suivre l'histoire sans déplaisir, malgré quelques longueurs. Toute la question est évidemment de chercher à comprendre ce qu'il se passe vraiment, si Ulrick est coupable, et sinon, qui, pourquoi, comment...etc. La fin dénoue tout cela de manière surprenante.
Côté points négatifs, outre le début horripilant (bon, d'accord, il faut poser le décor : famille modèle, etc. mais tout de même !), on pourra reprocher au scénario d'être tiré par les cheveux, invraisemblable, et tout ce genre de propos qu'on entend souvent à la sortie des salles de cinéma : personnellement, je n'ai rien contre les coïncidences ni les retournements complets de situation, à partir du moment où tout cela n'est pas trop grotesque, ou ne sert pas à prendre le spectateur pour un abruti.
Pour conclure : un petit thriller (premier film de Johannes Runeborg), qui se laisse regarder, si l'on est bien disposé ou que l'on veut passer le temps en compagnie scandinave (à noter au passage : la VF est minable). Mais il faut bien avouer que sans ce brin d'exotisme nordique, le film perdrait beaucoup de son intérêt. A voir si l'occasion se présente, un après-midi pluvieux.
* Un film d'horreur suédois :
Frostbiten, un film de Anders Banke, Suède, 2006.
Titre français : Tale of vampires (à noter que le titre anglais est Frostbite. Passons...)
L'histoire : Hiver 1942 (ou 43), 2ème Guerre Mondiale, sur le front de l'est. Des soldats suédois engagés dans la Waffen SS, isolés dans la campagne russe alors que les troupes soviétiques approchent, se réfugient dans une vieille cabane. Laquelle est infestée de vampires...
De nos jours : une femme médecin s'installe avec sa fille dans une ville du nord de la Suède, au-delà du cercle polaire. La mère vient travailler avec un professeur de médecine célèbre, spécialiste de génétique et des maladies sanguines (suivez mon regard...). Pendant ce temps, sa fille, Saga, découvre son nouveau lycée et se fait des ami(e)s.
A partir de là, Anders Banke, le réalisateur, a dû se souvenir qu'il tournait un film d'horreur, et que les films d'horreur, de toute façon, ça ne s'adresse qu'à des ados décérébrés. Le film s'oriente donc vers le teen-movie de base, avec des jeunes filles habillées court, du sang, de l'humour à 20 öre (pas euros hein !) - tandis que le scénariste en profitait pour prendre des RTT.
Mon avis : le film commence bien, on croit avoir droit à quelque chose d'intelligent, avec un scénario, du mystère, etc. De plus l'idée de vampires au coeur de la nuit polaire est plutôt bonne (à noter le film 30 days of night qui part sur la même base) Puis tout dérape, comme je le disais plus haut. Et au final, c'est un gros navet qui tache, un teen-movie d'horreur qui croit pouvoir s'exempter de scénario en ne se prenant pas au sérieux - hélas faire volontairement quelque chose de mauvais ne veut pas dire qu'on aurait été capable de faire mieux... Le réalisateur affirme être un grand fan de Peter Jackson (version Braindead), soit, mais alors il aurait fallu se pencher un peu plus sur son travail. Sinon, ça donne surtout l'impression de vouloir se faire de la pub à peu de frais. Tiens, je vais écrire un bouquin en disant que je suis fan de Victor Hugo...
Bon, pour conclure : c'est nul, aucun intérêt.
* Un film d'horreur, mais norvégien cette fois, et plutôt bon :
Villmark, un film de Pål Øie, Norvège, 2003.
L'histoire : quatre jeunes (2 garçons et une fille dans la vingtaine, une autre fille, suédoise, un peu plus agée) doivent, pour se faire embaucher par un producteur de télévision, passer quatre jours en sa compagnie dans sa hytte en pleine forêt - pour faire connaissance, renforcer les liens, se découvrir dans l'effort, etc. Très rapidement, à cause de nombreux petits détails habilement distillés par le réalisateur, l'atmosphère devient pesante. Et la situation ne s'améliore pas avec la macabre découverte que font les deux garçons au bord d'un lac (duquel le père du producteur, autrefois, lui déconseillait de s'approcher...)
Mon avis : le film démarre rapidement et devient très vite très stressant, à partir de petits riens (un craquement dans la forêt, et toutes sortes de "trucs" de ce genre, qui font toujours leur effet). Les jeunes personnages sont sympathiques quoique peu développés ; le producteur, en revanche, est plutôt inquiétant... Le réalisateur s'inspire clairement de Blair Witch (dans ce que ce film a de meilleur) et de Evil Dead (forcément, une cabane en forêt...). Peu d'originalité donc, mais beaucoup d'efficacité, ce qui compense amplement. Un bémol cependant : j'aurais aimé que le scénario soit un peu plus surprenant sur la fin (le twist final n'en est pas vraiment un).
Mais ne boudons pas notre plaisir (je parle, du moins, pour les amateurs de films d'angoisse), ce pur produit de la forêt norvégienne se visionne avec délice ! Et l'on se prend à espérer qu'il n'y ait en réalité, dans les forêts, que ces horribles petits trolls que l'on trouve dans toutes les boutiques de souvenirs de Norvège.
* Un drame danois, par la réalisatrice de Brodre :
Efter Brylluppet, un film de Susanne Bier, Danemark, 2006.
L'histoire : Jacob Petersen (Mads Mikkelsen) dirige, en Inde, l'orphelinat qu'il a fondé. Pour réunir des fonds, il doit venir défendre son projet humanitaire au Danemark, devant Jorgen, un riche industriel et donateur potentiel. Jacob a quitté son pays vingt ans auparavant, il n'aime ni les Danois, ni le Danemark, où il n'a plus aucune famille ni aucun lien. En attendant de lui rendre sa décision, Jorgen invite Jacob au mariage de sa fille. Mais c'est "après le mariage" que se noue (puis se dénoue) le drame, pour Jacob, et Jorgen et sa famille.
Mon avis : Après Efter Brylluppet et Brodre, il semble que je ne sois définitivement pas fan de Susanne Bier... En revanche, j'aime beaucoup Mads Mikkelsen - et d'une manière générale les acteurs jouent très bien. Malgré une histoire plutôt lente et larmoyante, le résultat est au final, disons... allez, "pas mal". Quelques scènes sont bien senties, en particulier, au début du film, celles qui marquent la différence "d'univers" entre Jacob et Jorgen.
Le film soulève plusieurs questions, sur la paternité, le rapport au passé, à la mort et à la rédemption. Pourtant, autant Magnolia (de P.T. Anderson), qui traite de certains thèmes semblables, m'a vraiment plu - un de mes films préférés - autant Efter Brylluppet m'a paru, au bout d'une heure de film, long, long, long...
Pour conclure, Mads Mikkelsen est excellent, comme toujours, mais malgré cela le film ne m'a pas suffisamment accroché. L'ennui prend au final le pas sur l'émotion, et c'est bien dommage.
* Un gros navet suédois :
Storm, un film de Måns Mårlind et Björn Stein, Suède, 2005.
L'histoire : résumer Storm est une tâche bien compliquée, le film changeant de genre tous les quarts d'heure. On a droit, au départ, à une sorte de truc dans le genre de Matrix, mélange d'action et de jeu vidéo. Puis on tombe sur Donny, le héros du film, cynique, jeune - donc filmé façon clip MTV. Le Donny en question est journaliste, profession qui comme chacun sait consiste à faire la fête, se défoncer à tout ce qui tombe sous la main, traîner la nuit, errer dans une rédaction où (semble-t-il) des gens travaillent, et pondre un article, en retard, sur le coup de 3 heures du matin, dans un appartement en bordel (parce que les journalistes, c'est des bohêmes, tu vois).
Bon. Il y a aussi une histoire de boîte mystérieuse (un cube métallique, pas l'endroit où on danse), dont des gens veulent s'emparer, et qui arrive par hasard (enfin pas tant que ça) dans les mains de Donny. Je ne vais pas raconter tout le film en détail, mais l'on a ensuite un gros pompage de l'ambiance de Silent Hill, puis on plonge résolument dans un mélange de psychologie à deux sous et de combat du bien et du mal (la psychologie, c'est soit blanc soit noir, sinon c'est trop complexe.)
Ah, j'oubliai, une scène 100% nanarde : le combat entre Lova (une gentille) et le méchant (je sais plus son nom, et en plus il joue mal), tourné "comme dans un jeu vidéo" : les tenues sont absolument ridicules !! Je regrette presque m'être débarrassé au plus vite de ce navet, sans en avoir fait quelques caps.
Mon avis : euh... je l'ai déjà pas mal donné, mon avis. C'est tout pourri ! (mais ça se donne plein de références djeuns et culture geek pour faire comme si c'était bien, à la mode, génération internet et tout, avec une touche de psychologie pour faire comme si c'était profond).
Allez, on en rira bien dans... bah, il vaut mieux en rire dès maintenant en fait.
* Un film danois, qui suit le Dogme :
The King Is Alive, un film de Kristian Levring, Danemark, Suède, Etats-Unis, 2000.
L'histoire : un groupe de touristes (ou quelque chose d'approchant, on ne sait pas vraiment) se perd en plein désert et trouve refuge dans une petite cité minière abandonnée. En attendant d'éventuels secours, l'un d'eux propose de monter le Roi Lear. Autour de cette pièce, de ceux qui jouent le jeu et de ceux qui s'y refusent, les rancoeurs, les tensions, les peurs, les haines (etc.) vont s'aviver et se cristalliser.
Mon avis : le Dogme, c'est comme la Nouvelle Vague. Ca se veut radical, ça veut changer le cinéma à tout jamais, et au final ça vieillit très vite et très mal. Les cinéastes du Dogme veulent filmer la réalité - mais à y regarder de près, leur réalité ne vaut pas mieux que celle du Loft - surtout dans ce film, où l'on a, en résumé, un groupe de gens isolés qui s'ennuient... Car le problème est simple : filmer la réalité, c'est bien, mais c'est chiant. Alors on filme des climax : crise de nerf, jalousie, désespoir, remises en question psycho-philo-socio-etc.-logique, le tout agrémenté de quelques scènes de sexe et autres plans nichons parce que la sexualité, ma bonne dame, ça vous choque peut-être, mais c'est la vraie vie (bon, ça va, on n'est plus en 1950 non plus). Tout ceci fait que finalement, ce qui est filmé n'a plus rien à voir avec la réalité... Ajoutez à cela une bonne dose d'injures (parce que les injures, ma bonne dame, etc...) et un monologue grotesque de Romane Bohringer, l'intello de la bande, en français (le film est tourné en anglais ; pour nous qui comprenons le français, sa tirade est franchement ridicule et surjouée).
Bon, tout ça pour dire que c'est pas terrible du tout, cette histoire...
* Un mauvais film d'horreur norvégien :
Snarveien, un film de Severin Eskeland, Norvège, 2000.
L'histoire : un jeune couple norvégien part acheter de l'alcool en Suède, puis rentre de nuit par de petites routes pour éviter les contrôles douaniers. Ils commencent à se perdre, n'ont plus de batterie sur leur portable (original...) et finissent par tomber sur un policier un peu inquiétant et trop aimable pour être honnête, qui leur indique un raccourci (snarveien signifie raccourci). Ils arrivent dans une station-service/casse plus ou moins désaffectée tenue par une sorte de dégénéré, puis, un peu plus loin, crèvent deux pneus... Ça va être une mauvaise soirée...
Mon avis : Villmark n'innovait pas, mais faisait du très bon avec du classique. Snarveien n'innove pas non plus, mais fait du mauvais. Difficile à expliquer, mais c'est comme ça. Le film ne réserve à peu près aucune surprise, les personnages sont stéréotypés, et ça pompe sec du côté de Texas Chainsaw Massacre (TCM pour les intimes) et de la floppée de films du même genre qui se sont succédés depuis 35 ans. Le réalisateur rajoute une petite couche de voyeurisme internet pour être dans l'ère du temps, mais sans éveiller beaucoup d'intérêt (peut-être parce que ce « truc » est déjà, également, vu et revu depuis 10 ans ?).
Le film ne dure qu'une heure quinze mais réussit à paraître longuet une fois que l'on se rend compte, au bout d'une grosse demi-heure, qu'il n'y a rien à en attendre.
À noter que le titre international est : Detour. Le contraire d'un raccourci, donc.
* Un documentaire sur le surnaturel en Islande :
Enquête sur le monde invisible, un documentaire de Jean-Michel Roux, France-Islande, 2002.
(aka Bienvenue chez les cinglés)
L'histoire : Jean-Michel Roux est un réalisateur français qui a tourné un film de science-fiction en Islande dans les années 1990.
C'est à cette occasion qu'il découvre que de nombreux Islandais croient aux elfes, aux fantômes, aux anges, aux extra-terrestres,
aux monstres marins, etc. et que certains affirment même en avoir vus ou être en contact avec eux. Il décide quelques années plus
tard de tourner un « documentaire » à ce sujet : Enquête sur le monde invisible.
Mon avis :
En guise de documentaire, J-M Roux nous présente toute une galerie de cinglés sur fond de musique new-age, filmés sur une pellicule à gros grains - avec en prime quelques effets visuels qui accentuent le côté « film de secte » de l'oeuvre. (ces copies d'écran vous montrent également la qualité (volontaire) de l'image)
Difficile de savoir où le réalisateur veut en venir ; difficile aussi de tirer quoi que ce soit du documentaire, car on ignore dans quelle mesure les croyances présentées sont partagées par les Islandais dans leur ensemble. J-M Roux affirme qu'une majorité d'Islandais croient aux elfes et autres créatures invisibles : dans ce cas, il aurait été à mon sens intéressant de chercher à savoir pourquoi, et la façon dont cela influe sur la société islandaise, etc. Il n'y a malheureusement que deux ou trois intervenants qui évoquent ces aspects-là, et ils sont très rapidement expédiés.
On apprend tout de même que ces croyances pourraient être liées à la géologie de l'île : une île volcanique, toujours en mouvement, et où la nature est beaucoup plus « active » qu'ailleurs. Les Islandais d'autrefois auraient développé ces croyances sur le « monde invisible » pour expliquer ces phénomènes. Et l'on peut supposer que toutes les élucubrations actuelles montrées dans le documentaire descendent de ces croyances anciennes profondément ancrées (cependant beaucoup des théories présentées sont plus issues de la culture new-age américaine et du cinéma hollywoodien que des sagas norroises). Une conversion tardive (vers l'an mil) à un catholicisme un peu « adapté » peut également expliquer que les légendes païennes soient restées plus prégnantes. Enfin certains intervenants posent la question de savoir dans quelle mesure le fait que de nombreuses personnes croient en une chose entraîne l'existence « réelle » de cette chose. Un peu de philo, donc.
Mais je dois dire que le reste du « documentaire », qui ne prend absolument aucune distance avec son sujet, m'a laissé coi - pour pouvoir finir de le regarder sans appuyer sur « off », j'ai décidé de le prendre sur le mode du gag (un peu comme certains épisodes hauts en couleur de Strip-tease), mais je doute que ce fût l'objectif du réalisateur.
Voici un florilège de ce que l'on peut entendre au cours de l'heure vingt-cinq de film :