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* Un polar finlandais pas trop mal :
Harjunpää ja pahan pappi - Priest of evil, un film de Olli Saarela, Finlande, 2010.
Les ingrédients de ce polar finlandais : un flic à la dérive, au bord du divorce, après la mort de sa fille de 15 ans, violée
et assassinée alors qu'il devait aller la chercher après un concert ; des néo-nazis et autres voyous violents et cyniques ;
des policiers tout aussi violents et patibulaires ; un tueur en série psychopathe qui pousse ses victimes sous les roues du métro
; un arrière-plan religieux un peu malsain. Mélangez tout ça, et vous pourrez sortir de votre chapeau Le prêtre du mal,
un film très sombre (à tous les sens du terme : la majorité des scènes se passent de nuit ou dans le métro) mais sans vraiment
de surprises.
Point négatif : Le scénario part un peu dans tous les sens pendant une bonne moitié du film et l'on a du mal à saisir ce que le
scénariste veut nous raconter (vengeance d'un flic, enquête policière dans le milieu des gangs, tueur en série ?) Le montage nerveux,
l'image sombre, les flash-backs et les ellipses n'aident pas à dénouer tout ça, et pendant trois bons quarts d'heure le principal
souci du spectateur est d'essayer de comprendre de quoi parle, concrètement, le film qu'il est en train de regarder.
Point positif : ça se laisse voir, il y a du rythme, de l'action.
Au final, un polar noir finlandais aux airs de Seven - pour l'ambiance - , au scénario et aux personnages plutôt bateaux,
mais qui ne devrait pas trop décevoir les afficionados (ou quand même un peu, selon l'humeur) .
* Un documentaire norvégien sur la 2nde Guerre Mondiale :
Strengt hemmelig, un film-documentaire de Benedicte M. Orvung, Norvège, 2010.
À l'âge de 30 ans, la réalisatrice Benedicte M. Orvung découvre que son grand-oncle n'était autre que Karl Marthinsen, chef de
la Sipo (sorte de Gestapo norvégienne) pendant la deuxième Guerre Mondiale. Marthinsen est mort assassiné le 8 février 1945 et
aucun membre de sa famille n'a plus jamais parlé de lui. Qui était Marthinsen, quel a été son parcours, quelles sont les
explications de ce silence dans la famille après la guerre, comment vivre en sachant qu'un membre de sa famille a été un
collaborateur, un nazi responsable de la déportation des Juifs de Norvège, un assassin et « l'homme le plus dangereux de Norvège »
selon la Résistance ? C'est ce « secret de famille » que la réalisatrice tente de mettre au jour et de comprendre à travers des
interviews (résistants, collaborateurs, victimes, membres de la famille, historiens) et des documents d'époque.
Un documentaire intéressant de par sa double problématique historique et familiale, mais qui implique de connaître au moins un peu
l'histoire de la deuxième Guerre Mondiale en Norvège (le film s'adresse à un public norvégien).
Il existe un double-DVD avec plus de trois heures d'interviews supplémentaires d'un grand intérêt historique. (sous-titres anglais)
* Un documentaire norvégien sur l'identité samie :
Min mors hemmelighet (Suddenly Sami), un film documentaire de Ellen-Astri Lundby, Norvège, 2009.
Un nouveau secret de famille mis au jour : la réalisatrice Ellen-Astri Lundby découvre, à 49 ans, que sa mère était samie. Celle-ci, à présent atteinte
de la maladie d'Alzheimer, avait déménagé à Oslo après la seconde Guerre Mondiale, s'y était mariée, et n'était jamais retournée dans le Nord ni n'avait
parlé de son enfance. Pourtant, sa langue maternelle était le Sami ; elle a vécu toute sa jeunesse dans un environnement culturel sami, et a subi de
plein fouet la politique de norvégianisation.
Ellen-Astri Lundby enquête donc sur ses racines et son identité, interrogeant des membres de sa famille, mais également des habitants originaires du
même village que sa mère : certains refusent d'être appelés Samis, d'autres acceptent cette identité. Une réflexion sociologique et anthropologique
très intéressante (et parfois drôle) sur les questions de culture et d'identité.
Côté « moins », les scènes filmées avec la petite fille - celle qui est sur l'affiche du film - ne sont à mon avis pas nécessaires (bon, 3 minutes
sur 52, ce n'est pas très gênant). Hormis cela, documentaire absolument conseillé (norvégien, sous-titres anglais).
* Un film pour enfants norvégien(s) :
Julenatt i Blåfjell - Le Secret de la Montagne bleue, un film de Katarina Launing et Roar Uthaug, Norvège, 2009.
Il y a une jeune princesse, appartenant au peuple des lutins bleus qui habite dans la Montagne bleue, et dont le père est gravement malade.
Les lutins bleus ne peuvent sortir de leur montagne que durant l'heure bleue, et ce sont eux qui font naître le jour après la nuit à l'aide d'un
artefact magique. Il y a le jeune prince des lutins rouges (qui vivent dans les fermes et les greniers, et à qui, selon les contes et légendes
norvégiennes, il faut donner une assiette de bouillie le soir de Noël pour qu'ils ne volent pas de nourriture et prennent soin des animaux). Il y a
un traître qui a une telle tête et une telle attitude de traître qu'on se dit qu'il aurait raté sa vocation s'il avait été honnête. Les lutins à
bonnets bleus et les lutins à bonnets rouges ne s'aiment pas beaucoup, mais heureusement le prince et la princesse, après une rencontre un peu tendue, vont apprendre à se connaître ; ils vont devenir amis, démasquer le traître, guérir le roi et sauver le monde. Le tout avec beaucoup d'effets spéciaux et de belles images (on sent qu'il y a eu des moyens).
Tout le monde connaît Blåfjell en Norvège : d'abord une série télé diffusée pendant l'Avent en 1999 (rediffusée régulièrement depuis autour de Noël),
puis une pièce de théâtre, une deuxième série télé en 2002, le film en 2009 et une suite du film prévue pour sortir à Noël 2011 (le premier film pour
jeune public tourné en 3D en Norvège). Pas sûr que les enfants français soient aussi enthousiasmés, car le film est relativement marqué culturellement.
En conclusion, un film de Noël à « gros budget » pour les petits (3-6ans), et qui risque d'ennuyer les adultes...
* Une série documentaire norvégienne sympathique :
E6 - en reise gjennom nordmenns hverdag (E6 - un voyage à travers le quotidien des Norvégiens), une série documentaire de Truls Svendsen, Norvège, 2008.
Truls Svendsen (le sympathique rouquin barbu, voir l'affiche) et son équipe de tournage remontent en camping-car la route E6 du sud de la Norvège
à Kirkenes, en 8 épisodes d'une demi-heure. L'occasion de rencontrer en chemin, à chaque épisode, trois « Norvégiens de base » pour qui cet axe
routier joue un rôle important au quotidien : un représentant en aspirateurs, des mémés qui jouent au « bingo-voiture » sur un parking, un dépanneur,
un jeune shaman sami étudiant en commerce, une restauratrice pleine d'énergie... Svendsen fait également un peu de stop pour des rencontres plus
imprévues.
L'émission permet de voir du pays, et parfois de rentrer en contact avec la Norvège très profonde - le tout avec beaucoup d'humour
(voir la scène où Svendsen gagne au bingo et va narguer les mémés !).
Double-DVD avec sous-titres norvégiens ; l'émission est également disponible sur le site NRK (norvégien uniquement).
* Un film de zombies danois :
Opstandelsen (Résurrection), un moyen métrage (50 min.) de Casper Haugegaard, Danemark, 2010.
Une famille est à l'église pour enterrement. Des zombies sortent de terre et massacrent tout le monde. Trois survivants tentent de s'en sortir.
Voila pour le scénario, ce qui est très très léger. Selon toute vraisemblance Casper Haugegaard sort d'une école de cinéma et il s'agit de son premier
vrai « gros » projet. L'image, le son, l'ambiance, les acteurs et les effets spéciaux sont bons, et il est clair que le producteur/réalisateur est du
métier et a mis de l'argent dans son film. Bien sûr, les figurants sont tous des amis/membres de la famille, et le décor se limite à l'intérieur de
l'église et à quelques pièces vides, mais le film va au-delà du "machin" de fans tourné au caméscope.
Les amateurs de films de zombies (ce qui n'est pas mon cas) le regarderont sans crainte - le film est sérieux (pas d'humour ici), suffisamment gore
et pas ridicule - mais aussi sans surprise. Soyons clair, la raison d'être de ce film est de servir de réclame à Haugegaard auprès de studios et
de producteurs plus fortunés qui lui donneront les moyens de tourner un « vrai film ». S'il ne nous pond pas un Bloody Mallory danois, pourquoi
pas !
* Ibsen en version américaine :
An enemy of the people (Un ennemi du peuple), un film de George Schaefer, Etats-Unis, 1978.
Steve McQueen dans le rôle du docteur Stockmann, dans cette adaptation cinéma de la pièce d'Ibsen En folkefiende,
Un ennemi du peuple. Une adaptation fidèle, avec décors et costumes d'époque (petite ville de Norvège à la fin du XIXème siècle).
Classique, bien joué, sans audaces ou modernisations inutiles, et très proche de la pièce sans pour autant faire « théâtre filmé ». Indémodable -
d'autant que la pièce de Ibsen reste d'une incroyable actualité.
* Ibsen en version bengalie :
Ganashatru, un film de Satyajit Ray, Inde, 1989.
Un ennemi du peuple dans le West Bengal. Janvier 1981. Le docteur Ashok Gupta découvre que l'eau du temple de Chandipore, consommée
par tous les Hindous de la ville lors des rituels, est contaminée par des bactéries. Le propriétaire du temple et les autorités locales veulent
le faire taire, pour des raisons économique drapées derrière un verni religieux.
Dans cette version indienne de la pièce d'Ibsen, l'aspect religieux (absent dans la pièce originale) prend le pas sur les aspects politiques,
sociaux et économiques, s'adaptant ainsi au contexte local. Le jeu d'acteur est très théâtral comme toujours dans le cinéma indien (combien de fois
le pauvre docteur met son visage dans ses mains en signe de désespoir !). Le réalisateur a tendance à vouloir (trop) bien expliquer tout ce qui se
passe à l'écran et à simplifier les aspects psychologiques, ce qui enlève beaucoup d'intérêt à l'ensemble. Quant à la fin, Bollywood oblige, elle est
très différente de la pièce originale et, en un sens, prend le contrepied tout ce qui est dénoncé dans le film puisque le réalisateur la modifie sans
doute pour ne pas aller à l'encontre de ce que pourrait exiger « l'opinion publique » ! Et bien entendu, l'on perd là encore ce qui fait la puissance
de la pièce d'Ibsen, et même sa raison d'être.
En conclusion, un film à voir tout de même, éventuellement, par curiosité, à condition de connaître la pièce originale.
* Après Ibsen, un autre grand auteur norvégien :
Hamsun, un film de Jan Troell, Norvège-Suède-Danemark-Allemagne, 1996.
D'après le livre de Per Olov Enquist (qui a participé à la rédaction du scénario), la vie de Hamsun de 1935 à sa mort, avec au coeur du film sa
tumultueuse vie de couple, sa rencontre avec Hitler, et son procès après la guerre. Un film de facture très classique, long (2h30) bien joué
(très bon Max von Sydow en Hamsun vieilli, usé, fatigué, sourd et insupportable) et qui s'efforce de raconter beaucoup de choses sans tomber dans
la réhabilitation hagiographique ni la condamnation facile.
Côté moins, le format cinéma, et l'impératif de raconter une histoire, ne permettent que de poser la question centrale de la
responsabilité de Hamsun, sans que l'on aie le temps d'assimiler tous les pour et les contre de l'affaire.
Voilà donc le genre « superproduction culturelle » que l'on montrerait aux lycéens en classe de littérature, si l'on étudiait Hamsun au lycée en
Norvège - mais ce n'est pas le cas, justement à cause de ce qui est montré dans ce film. À tort ou à raison ? Ici commence donc la réflexion...
* Un documentaire venu du fin-fond du Finnmark :
From Vardø with love, un documentaire de Dmitri Ischenko et Hilde Korsæth, Norvège, 2006.
En 1959, la fanfare de Vardø (Est-Finnmark) se rend 3 jours à Mourmansk, en ayant simplement prévenu les autorités soviétiques (qui avaient donné leur
accord), mais sans visa ni autres précautions. Les musiciens sont accueillis en grande pompe, jouent dans toute la ville et passent à la télévision,
tout en étant toujours suivis de près par des agents du KGB. L'année suivante, des musiciens russes viennent à leur tour à Vardø, là encore strictement
encadrés par le KGB et la police norvégienne - tout ce petit monde en civil, car officiellement seule prévaut l'amitié entre les peuples. Les membres
de la fanfare de Vardø seront quant à eux surveillés par la police (écoutes téléphoniques, etc.) longtemps après les évènements.
Les relations entre le Finnmark et la Russie ont toujours été proches, et cet épisode peut en quelques sortes se placer dans l'histoire de ces relations
entre le commerce Pomor (qui prit fin en 1917) et l'actuelle promotion de la région économique de Barents. Ce documentaire offre donc une certaine mise
en perspective et montre que ces relations se sont toujours maintenues, même au temps de la guerre froide.
Ceci étant... j'ai beau aimer le Finnmark (et l'Est-Finnmark en particulier), il faut bien avouer que ce documentaire n'a pas grand chose à offrir.
Quelques photographies filmées, des extraits vidéos, des coupures de journaux, quelques témoignages de participants... mais rien qui n'éveille vraiment
l'intérêt pour l'anecdote racontée - anecdote qui, il faut bien le dire, est microscopique. Un documentaire dispensable, donc.
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